Comme nous sommes partis depuis maintenant une semaine, j'ai eu l'occasion de goûter à bon nombre de plats espagnols servis aux pélerins. J'aimerais vous en faire part afin d'ajouter une autre dimension à notre voyage.
Tout d'abord, il faut spécifier que les Espagnols n'ont pas le même rythme de vie que les habitants des autres pays dits civilisés: on se lève généralement tard, on fait la sieste en après-midi (presque tout est fermé entre 14h et 17h) et les commerces ouvrent à nouveau entre 17h et 21h (les heures peuvent varier légèrement d'un endroit à l'autre).
Tout cela implique que les repas s'en trouvent décrissés.
Ainsi, le déjeuner est généralement un repas de second ordre ne comprenant qu'un misérable croissant ou autre pâtisserie plus ou moins bonne pour la santé accompagnée d'un café. Pas d'équivalent de notre bon vieux déjeuner canadien ici. Rien de soutenant pour le marcheur dont les muscles seront soumis à rude épreuve pendant la journée, en fait même pas de quoi soutenir le nord-américain moyen ayant été élevé avec l'idée que le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée.
Pour le dîner, ça semble se passer tard pour les Espagnols. À titre d'exemple, mon père et moi avons tenté, hier, d'aller manger un boccadillo (espèce de sandwich VRAIMENT cheap consistant en une ou deux tranches de jambon, fromage ou autre substance déposée entre deux tranches de pain baguette, sans que ces dites tranches de pain soient beurrées). C'est sec en sacrament, mais quand on a faim, on passe par-dessus. Le problème est que ces sandwiches cheaps se vendent pour 3,8 euros, ce qui équivaut à environ 6$ canadiens. Pour un pays aussi modeste que l'Espagne, on peut envisager que des profits faramineux sont récoltés avec la commercialisation de ces sandwiches.
Pour le souper, on nous offre le "menu del peregrino" qui est par contre pas mal soutenant. Comme les Espagnols soupent habituellement vers 21h ou 22h, on fait une exception pour les pélerins en leur permettant de souper vers 19h (car ces derniers se couchent habituellement vers 21h. Ces journées de marche sont assez pénible, je dois admettre). Et là, même si les prix sont généralement abordables (entre 7 et 10 euros pour une assez grosse entrée, un plat principal, un dessert et du vin à volonté) la qualité peut varier pas mal.
À titre d'exemple, on nous a servi de la soupe Lipton en entrée. On nous a servi une paella consistant en une grosse platée de riz avec deux grosses crevettes (un riz ordinaire auquel on ajoute une crevette devient automatiquement une paella?) et cette paella servie dans une auberge avait un papier de toilette en guise d'essui-tout sous les ustensiles (l'hôte m'a personnellement remis le rouleau de papier de toilette pour que je l'aide à découper de petits morceaux et à les disposer autour de la table...) Ce ne sont là que quelques exemples, mais disons que le stock abordable est à l'honneur. On nous sert des patates allègrement ou du thon en canne. Je note toutefois que le guide alimentaire canadien nous apprend que le thon est une excellente source d'omégas 3, donc je cesse de me plaindre à l'instant.
On mange quand même bien, mais papa et moi vous avouons bien humblement que si un McDonald tombe sur notre chemin, nous irons volontiers tenter d'y manger un McPélerin (excellente plaisanterie que j'ai inventée hier).
Et comme mon bol de froot loops matinal me manque!
-envoyé d'un village à 180 km de notre objectif final, le jeudi 22 mai à 21h15, heure d'Espagne
jeudi 22 mai 2008
Le manger espagnol
lundi 19 mai 2008
Les Nazis ne sont plus vraiment mes amis
Suite au dernier email envoyé à maman pour lui dire que les deux hommes les plus importants de sa vie vont bien et sont en santé, je prends quelques instants pour mettre par écrit certaines réflexions.
Non, au cours de ce voyage, je ne réfléchis pas continuellement au sens de la vie et je n'ai toujours pas croisé Jésus. Je dirais que la plupart des pèlerins (quel beau mot pour avoir l'air différent de tout le monde) ont l'air tout autant terre-à-terre, ce qui me surprend.
C'est plus dans la personnalité des différents peuples qu'il y a matière à analyse.
Les Allemands prennent beaucoup de place. Ils parlent fort le matin ou lorsque les gens dorment le soir. Ils claquent les portes, ils sont du genre à prendre toute la place, beaucoup plus que les autres nationalités. Même si, avec tout ce que j'ai écrit sur mon blog, c'est évident que je suis un Nazi dangereux, je dois avouer que je trouve que mes confrères d'idéologie manquent un peu de savoir-vivre dans les lieux publics, tels que les dortoirs.
L'Anglais rencontré hier était fort sympathique. Il venait de Nottingham et était un véritable gentleman, autant dans son attitude que dans ses discussions. Il nous a serré la main à mon père et moi avant de nous quitter. C'est le seul à l'avoir fait et il a fait grimper les gens de sa nationalité au premier rang en matière de civisme. Eh oui, je n'ai besoin que d'un seul anglais pour juger 60 millions d'habitants.
Présentement, nous sommes dans un tout petit village très peu peuplé nommé "Santa-Catalina". Il doit y avoir entre 50 et 100 habitants dans le village. Mais c'est très charmant, il y a plein de murs de pierre défaits partout, ça donne d'excellentes photos! Dommage que je n'aie pas trainé le câble USB pour les transférer... Mais y'a toujours ben des limites à partir en voyage et à vivre une vie technologique! D'ailleurs, je quitte à l'instant pour savourer mon voyage... ainsi que mon repas du soir.
Adios!
Note post-repas: On nous a servi de la soupe Lipton en entrée. C'est le bout de la marde!
vendredi 16 mai 2008
Jus en poudre en Espagne (et autres)
Note: Je vivais très mal avec l'idée d'avoir écrit un texte comportant autant de fautes. Quoi de pire que d'éprouver la sensation d'être un analphabète? Voici donc une mise à jour en date de samedi le 17 mai, 14h50, heure d'Espagne.
Quelques ajouts ont été apportés au texte.
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En fait, le jus d'orange est peut-être pas partout en poudre, mais vendredi matin, au déjeuner, il l'était et c'était vraiment dégueulasse (ça goûtait ce que goûte l'eau à laquelle on ajoute des vitamines C effervescentes quand on a la grippe).
Sinon, on a vu de très beaux paysages en faisant le trajet Madrid-León en train, jeudi. J'ai EXACTEMENT vu les paysages dont je parlais dans mon message précédent. Malheureusement, je n'ai rien vu de comparable en dehors de la région de Madrid. Mais gardons espoir!
Un problème majeur en Espagne, c'est que personne ne semble parler anglais, ce qui me rend la communication difficile, voire impossible. J'aurais beaucoup aimé pouvoir discuter avec les gens dans la rue, mais les notions élémentaires d'anglais semblent rares. De plus, la plupart des espagnols parlent très vite, ce qui peut donner le mal de mer au pauvre touriste.
Nous avons jusqu'à maintenant rencontré quelques québécois, un bon nombre d'allemands, un hollandais... Les allemands rencontrés ne parlent même pas anglais (ou très peu). En tout cas, j'ai essayé de discuter avec deux allemands et ces derniers ne comprenaient pas 50% de ce que je racontais (pourtant de très simples phrases). Il y a donc des gens encore plus mal amenchés que moi par ici...
Mon père est un peu stressant de par sa nature stressée. Dès que quelque chose échappe à son contrôle, il se met presque en mode panique, ou sinon, en mode irritable. Par exemple, si on ne voit plus les petites flèches jaunes qui indiquent le chemin pendant plus de 5 minutes, il veut sortir sa carte pour tout analyser et retrouver son sentiment de contrôle des événements. Osti, laisse toi donc aller un peu, on peut peut-être contrôler sa propre vie, mais on peut pas contrôler la route!
La température est assez fraîche jusqu'à maintenant. Je crois que c'est plus chaud au Québec. Avec le vent et l'humidité, ça ressemble pas mal plus au printemps qu'au mois de juin québécois... Par contre, le soleil se couche très tard (21h30 ou même plus tard) mais se lève également tard (7h ou 7h30?). On dirait que les couchers et levers s'étirent sur une heure alors qu'au Québec, ça se fait habituellement beaucoup plus rapidement.
On a eu notre première expérience de dortoir hier. Un gros dortoir de 60-80 places. Ça ronfle en sacrament là-dedans! Les gens se réveillent aussi très tôt (6h du matin pour la plupart, certains se lèvent même avant). On nous a dit que le Chemin de Compostelle était une course pour plusieurs qui veulent être les premiers arrivés aux auberges car les places sont limitées. Ainsi, parfois, à 13h ou 14h, les auberges sont déjà pleines. Mais pour revenir à la nuit dernière, mon père et moi n'avons vraiment pas beaucoup dormi. On ne peut pas mettre ça uniquement sur le compte du ronflement car le décalage horaire y est sans doute pour beaucoup aussi.
Enfin, je suis présentement dans une auberge (nommée Alberguerge del refugio de Jesus, soit "l'Auberge du refuge de Jésus") à 25 Km de León. L'auberge offre Internet gratuitement, c'est génial. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, y'a pas trop de Jésus dans la place et c'est excellent comme ça. On s'est rendus ici après 25-30 km de marche (on s'est trompés de chemin, alors même si on est à 25 km de León, on a dû marcher au moins 5 sinon 10 km de plus que les 25 km de la distance, ce qui entraina une irritation paternelle plus ou moins agréable à vivre).
Maintenant, je vais aller prendre la guitare de l'auberge et jouer du Paul Piché aux allemands et autres étrangers de la place. Let's do folklore!
Hasta la vista!
mardi 13 mai 2008
Parti prendre une marche...
Un de mes films préférés est "À l'ombre de Shawshank".
À la fin de ce film, le personnage joué par Morgan Freeman se retrouve dans un beau grand champ au milieu duquel se trouve un grand arbre. Tout près de cet arbre, le personnage déplace des pierres et trouve un petit coffre enfoui à son intention. C'est dans ce coffre qu'il découvre de l'argent et les indications pour retrouver son vieil ami.
Aujourd'hui, je me vois comme le personnage joué par Morgan Freeman. J'ai l'impression d'être en route vers des paysages qui ressemblent à ce grand champ-là. J'ai l'impression que si je regarde bien autour de moi, je pourrai voir des trucs que je n'ai jamais vus ou jamais perçus tels que je les perceverai. Profiter de l'ombre d'un grand arbre après une journée de marche au soleil, c'est pas ça le bonheur?
C'est ainsi que je vois le Chemin de Compostelle: pas de lumière divine qui planera sur moi, pas de buisson ardent sur une colline, pas de statue de la vierge qui se met à saigner lorsqu'on passe devant, même pas de Marcel Leboeuf qui accourt pour panser nos plaies avec des plasters.
Rien d'autre que d'excellentes occasions pour mieux savoir apprécier la vie. Car après avoir marché sous le soleil ou la pluie pendant 3 semaines, à raison de 5 ou 6 heures par jour, on est plus à même de savourer les toutes petites choses de l'existence. On pourrait appeler ça "l'essentiel".
Je me ferai le devoir de discuter avec les âmes égarées sur mon chemin, les gens en processus de séparation ou en rémission d'un cancer. Que d'intéressantes histoires j'espère avoir à raconter...
Je compte savourer chaque moment et même chaque ampoule sur mes pieds. Après tout, un voyage comme celui-là, ça ne vaut rien si on ne souffre pas un peu.
C'est là-bas, dans très peu de temps, que j'aborderai ma trentième année d'existence.
Je pars demain, pour l'Espagne.
lundi 12 mai 2008
Un état de situation de ma vie sentimentale
J'imagine que la fille de donjons et dragons se pose des questions. Je ne lui ai pas redonné de nouvelles depuis une semaine. Elle a laissé un message sur mon répondeur la semaine dernière mais je ne l'ai pas rappelée. C'est plate à dire, mais j'ai réalisé qu'elle me laissait indifférent et ce, même si c'est une gentille fille. Je ne ressens aucunement le besoin de la revoir ni de lui reparler. J'ai trop l'impression qu'elle va me dire qu'elle a parlé de moi à tout son clan de personnages grandeur nature et que ces derniers s'attendent à ce que je me joigne à eux pour une éventuelle partie. J'ai trop l'impression qu'elle a de grandes attentes, qu'elle voudrait que j'aille souper avec ses parents ou qu'elle aimerait me redonner une multitude de petits becs avec la bouche fermée. J'ai trop l'impression que je serais inconfortable de la revoir et de faire semblant qu'elle m'intéresse. Elle n'est vraiment pas assez colorée pour moi. Je ne la verrais pas prendre position à propos de quoique ce soit ou dire de gros mots comme "Ostie de tabarnac" en buvant un de ces breuvages maléfiques qu'on appelle boissons gazeuses. Est-ce que c'est trop demandé de vouloir une fille capable de s'abaisser occasionnellement à ce pas-si-bas niveau?
De l'autre côté du spectre, la semaine dernière, je suis allé au cinéma avec celle qui se roulait la bille au téléphone. Le courant passe bien entre nous. Elle est cool, sympathique, stimulante et pas gênée. Je l'apprécie car c'est une fille avec de la personnalité, pour une fois. Par contre, mon attirance à son endroit est mitigée. Est-ce que c'est trop demandé de vouloir une fille qui n'a pas de problème de calvitie?
vendredi 9 mai 2008
À la taverne, avec les matantes
Hier soir, j'ai organisé un petit 5 à 7 avec mon pote Mike Boy et deux collègues quinquagénaires que je surnommerai Bibi et Loulou. J'avais suggéré la Taverne Jos Dion dans le quartier St-Roch car il me semblait n'y avoir rien de tel qu'une vieille taverne délabrée (taverne en opération depuis 1933 tout de même!) avec du vieux monde pour que deux vieilles madames de cinquante ans se sentent à leur aise.
J'étais auparavant allé une fois en cet endroit et j'avais trouvé l'ambiance amusante. Bien sûr, c'est très loin d'être jet-set. Le bocal d'oeufs dans le vinaigre est déposé directement sur le lave-vaisselle du bar, ce qui nous laisse suspecter des changements de température ayant un impact sur la salubrité du contenu du bocal. De plus, aux côtés d'une tête de chevreuil empaillée, on peut voir un arrière-train de chevreuil également empaillé. La clientèle, quant à elle, est composée de moult vieux monsieurs tout seuls qui prennent deux bucks de bière à la fois en regardant dans le vide. C'est définitivement un de ces rares endroits où on a l'air plus cool lorsqu'on est seul que lorsqu'on est en groupe.
Quoiqu'il en soit, je savais que dans cette ambiance, nous allions nous entendre discuter. Je savais aussi que la bière n'allait pas être trop chère et qu'on pourrait manger de l'excellent pop-corn pendant toute la soirée.
D'ailleurs, dès notre arrivée, Mike Boy n'a pas manqué de remplir notre table de petits paniers remplis de peanuts et de popcorn. Il n'y avait presque plus de place lorsque le premier pichet est arrivé. Les priorités avaient été mises à la bonne place.
On ne l'aurait jamais pensé à ce moment là, mais les pichets se sont accumulés et les heures ont passé. Si bien qu'à nous quatre, on s'est rendu au compte de 10 pichets (pénible lendemain de veille!) et jusqu'à la très honorable heure de minuit et demi pour quitter le bar. J'aurais jamais pensé que ça durerait si longtemps. Dans ma tête, à 20h maximum, nos vieilles matantes allaient prétexter des obligations familiales pour partir. Mais elles ont toffé comme de vraies championnes! J'étais épaté. En fait, plusieurs éléments de la soirée m'ont épaté...
Tout d'abord, je souligne le fait que Loulou a relevé le défi de manger une langue de porc, ce qui nous a tous un peu dégoûté (dégoût jumelé à une certaine admiration, pour ma part).
Ce qui m'a le plus surpris, c'est que 90% des discussions de ces 7 heures passées ensemble ont tourné autour du sexe. En fait, je pense qu'à partir du moment ou Bibi a dit qu'elle avait regardé sur Internet un vidéo de cheval en train de venir dans la bouche d'une femme, ça a enlevé toute pudeur autour de la table. Les deux femmes se sont mises à dire que c'était pas le fun de se faire venir dans la face ou dans les yeux. Mike et moi n'avions rien dit pour que les discussions tournent ainsi, mais je pense que tous deux, on trouvait ça vraiment très drôle.
Bibi semblait en plein débalancement hormonal de femme ménopausée puisqu'elle avait parfois l'air d'une vraie matante cochonne. À chaque fois où Mike Boy se levait pour aller chercher du pop-corn, elle fixait son petit cul et donnait même un coup de coude à Loulou pour que cette dernière regarde le spectacle. C'était plus ou moins chic, mais c'était sans doute un juste retour du balancier pour l'égalité des sexes. Mike Boy s'est fait dire par nos deux compagnes qu'il ressemblait à Daniel Craig, le nouveau James Bond (ce qui ne manquera pas de stimuler sexuellement les lectrices de ces lignes).
Bibi nous a dit que pour elle, l'important chez le sexe oppposé, c'était la taille de l'engin.
Loulou m'a dit qu'on se ressemblait beaucoup elle et moi et qu'elle aimerait venir faire le chemin de Compostelle avec moi.
Même si elle m'avait dit, plus ou moins subtilement, plus tôt en soirée que c'était pas grave si j'étais pas aussi beau que Mike Boy et que je compensais par ma personnalité, Loulou a ajouté que la plus belle fille du bar n'était pas assez bien pour moi. Je mets son commentaire sur le coup de la boisson parce que la fille était vraiment une bonne coche au-dessus de moi. Mais quoiqu'il en soit, sous la pression de mes pairs, j'ai fait une tentative d'approche à une autre fille du bar qui me semblait plus facilement abordable (tous me disaient que ça ne pouvait pas ne pas marcher avec cette fille. Pour ma part, je savais que j'étais un vrai champion pour faire des approches qui ne mènent nulle part). Bref, pendant qu'elle passait à côté de moi, je lui ai dit que ma mère (Loulou) voulait la connaitre et je l'ai complimentée sur le bandeau qu'elle avait dans les cheveux. Ce fut bien entendu un flop mais je m'en crissai monumentalement lorsque je réalisai que cette fille avait vraiment l'air d'une floune et avait un regard fuyant.
Finalement, j'ai émis la suggestion qu'à mon retour de voyage, on se rassemble une fois de plus tous ensemble pour fumer du pot (ma 2ème ou 3ème expérience en 29 ans), boire de la bière et jouer de la guitare, dans un parc, après le travail. Tout le monde avait l'air d'accord, surtout Loulou (qui a pourtant l'air d'être de loin la plus sage et la plus discrète de la gang). D'ailleurs, une fois l'idée soumise, on est partis sur un trip de demander aux clients du bar s'ils avaient de la drogue. Ainsi, Mike Boy et moi sommes allés voir les clients les plus louches, soient ceux qui avaient les cheveux longs ou gras, pour leur demander s'ils avaient du pot. Nos deux tentatives furent vaines, mais Mike Boy s'est quand même fait deux amis, parce qu'en plus de ressembler à James Bond, il est si sympathique.
Ce fut une excellente soirée.
Je veux me pogner une baby-boomer comme Loulou et fonder une famille avec elle.
jeudi 8 mai 2008
Meilleure bitcheuse
Comme plusieurs le savent, un couple de blogueurs a décidé de jouer aux G.O. de Club Med en organisant un gala visant à souligner les meilleurs blogs dans diverses catégories. Je suis en nomination dans la catégorie "meilleure bitcheuse", ce que je trouve très drôle étant donné que je suis pratiquement le seul gars en lice dans cette catégorie.
Malgré le fait que plusieurs aient salué l'initiative, je ne peux m'empêcher de considérer le tout avec un certain dédain. J'ai toujours eu beaucoup de misère avec tout ce qui encourageait les blogueurs à se prendre au sérieux. D'ailleurs, on va mettre quelque chose au clair pour ceux qui n'auraient pas encore compris le principe: les blogueurs sont bien souvent des ti-counes qui régurgitent leur solitude sur leur blog. Lorsqu'ils finissent par se trouver une blonde ou un chum, leur inspiration suscitée par la solitude s'évapore. Le blog, c'était un "en-attendant".
Ceux qui sont en couple et qui sont des blogueurs assidus (l'exemple vaut particulièrement pour ceux qui commentent partout) sont de gros sédentaires poches qui préfèrent passer des heures par jour à entretenir leur réseau imaginaire plutôt que d'aller faire du jogging dehors.
À ma connaissance, cette idée de gala n'a jamais été mise sur pied, mais l'idée du lichage mutuel, elle est là depuis les commencements. La règle à suivre pour un grand nombre de blogueurs est d'écrire des commentaires de marde aux autres blogueurs pour leur dire: "C'est vraiment bon ce texte!", "Lâches pas ma belle, je suis avec toi!" ou encore "LOL". Bref, ça revient souvent à une grosse gang de loosers qui semblent d'abord et avant tout vouloir faire partie d'un regroupement. Ou alors, ce sont de pauvres gueux qui ont besoin d'être socialement reconnus même s'ils n'ont absolument rien à raconter sur eux-mêmes ou rien à ajouter aux réflexions d'autrui.
Le pire, c'est que ça marche. Lichez les autres, démontrez leur de la cyber-affection et vous en recevrez en retour. Si vous êtes vraiment cons, ça vous fera du bien de recevoir des cajoleries par commentaire de la part d'une trallée de no-name insignifiants. Beurk, j'ai plein d'exemples en tête et j'ai vraiment une vigoureuse envie de beurrer mon clavier en vomissant dessus.
Je ne mets pas de lien vers l'endroit pour voter. Pourquoi? Parce que je n'embarque pas dans le concept d'achaler tout le monde pour recevoir leurs votes. Selon la forme que ça revêt actuellement, ce sont les blogueurs qui ont le plus grand nombre de lecteurs qui sont les plus susceptibles de gagner. Pas les meilleurs mais bien ceux qui auront le plus incité les gens à voter pour eux, comme dans Star Académie où les familles des participants noyaient les lignes pour que leur enfant consanguin puisse être gardé dans l'émission.
C'est pourquoi les résultats du gala seront biaisés.
Ce qui signifie qu'en plus d'être un exercice de masturbation massive pour des gens qui n'ont aucune raison de se penser bon, ce sera un exercice qui ne signifiera rien du tout.
(Misons sur Noisette Sociale comme gagnante dans plusieurs catégories. À passer ses journées à commenter sur tous les blogs qui existent, elle se donne la visibilité qu'il faut pour être la championne partout où elle est nominée).
